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Le Point - 28 Mai 1999
Emploi-Management
Pascal Baudry, l'ambassadeur
La mission de l'ex-psychanalyste est de faire connaître le management californien aux entreprises françaises.
"Nous avons assez de McDo en France ! Je n'invite pas les entreprises à faire du bench-marketing aux Etats-unis, mais à venir s'ouvrir l'esprit et à trouver des idées adaptées à la culture française."
Pascal Baudry, 51 ans, organise des séminaires itinérants à travers l'Amérique et particulièrement dans la Silicon Valley.
Cet ancien psychanalyste passionné par le jeu d'échecs a fait de son cabinet de conseil, WDHB, l'un des passages les plus courus des patrons français pour découvrir l'économie américaine. L'Oréal, Accor, Decathlon, France Télécom, Total, Usinor-Sacilor, EDF, Boulanger, Leroy-Merlin, Auchan ont été ses clients.
Parfois, c'est le PDG qui fait le voyage avec sa garde rapprochée, parfois les actionnaires, comme dans le cas de la famille Mulliez, qui est allée voir sur place les avancées du commerce américain. Parfois, aussi, ce sont les cadres qui viennent en groupe se ressourcer au vent du nouveau Monde.
Chaque fois, le scénario, qui s'étale sur huit jours, est le même : de San Jose à Berkeley, ou de Washington à Detroit, une quinzaine de visites d'entreprises performantes, suivies de scéances quotidiennes de réflexion et d'"animation" destinées à stimuler la remise en question personnelle. Chaque séminaire comprend ainsi une étape sportive, où les cadres effectuent de multiples exercices de groupe. Par exemple, grimper sur un poteau et se tenir debout au sommet sur une assiette qui bouge. "Je l'ai déjà fait moi même une bonne dizaine de fois : c'est un exercice qui exige l'aide de l'équipe, et qui révèle les caractères", explique Pascal Baudry.
Le dimanche, pour dégourdir les esprits, il emmène ses ouailles dans l'une des églises les plus branchées de San Fransisco écouter du rock et des sermons qui décoiffent. Prix du séjour : 40 00 francs par personne en moyenne. Et pas question de prendre ce séminaire pour une ballade touristique : avec Pascal Baudry, le bus part à l'heure, et tant pis pour les retardataires! "Les américains n'aiment pas que l'on soit en retard", rappelle-t-il. Un american way of life qu'il a durement conquis. Pour permettre à sa femme, américaine de vivre de l'autre côté de l'Atlantique, il a abandonné son métier de psychanalyste et est entré chez Renault France pour s'occuper de la formation des cadres, avec, dans son contrat, la promesse d'être expatrié aux Etats-Unis. Il va passer ainsi près d'une décennie dans l'industrie automobile, chez Renault et ses filiales, avant de prendre son envol quand l'usine qu'il dirigeait au Canada est vendue à Chrysler.
Catherine Golliau
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