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Les Echos - 9 décembre 2003
DOSSIER
Les « séminaires itinérants » de l'université Areva
L'université du groupe propose à ses managers des séminaires à l'étranger. Au programme, immersion professionnelle et découverte culturelle. Une façon de créer des réseaux en interne.
Comment développer et partager un ensemble de valeurs et de « bonnes pratiques » de management, au sein d'un groupe de 50.000 collaborateurs répartis dans une trentaine de pays - notamment aux Etats-Unis et en Allemagne ? Chez Areva, la question se posait en ces termes. Et la réponse de l'université interne, créée en juin 2002, a consisté à élaborer une formule de « séminaires itinérants », pour des groupes d'une vingtaine de managers. Objectif : leur offrir un panorama le plus large possible de la réalité d'un pays étranger, et leur fournir les clefs pour comprendre ses habitudes de travail, son mode de vie et sa culture.
Au programme, présentation de l'activité du groupe dans le pays, visites d'usines, rencontres avec des partenaires locaux... Mais la partie « culturelle » ou d'intérêt général est également bien fournie, avec des visites de campus d'universités (comme Stanford ou Berkeley, aux Etats-Unis), de musées, de sites remarquables... Les participants peuvent ainsi assister à un match de base-ball, ou suivre une séance de méditation dans un temple zen à Tokyo. « Le programme est très chargé ; on en revient épuisé, mais enthousiaste », explique Bernard Monot, le directeur de l'université Areva. Au retour, l'entreprise incite les participants à rester en contact, à multiplier les échanges, et à créer ainsi un réseau.
« Mettre en mouvement »
Pour sa première année d'existence, l'université a déjà organisé trois séminaires sur ce modèle : deux aux Etats-Unis pour des managers français, et un autre en Asie, à l'intention d'un groupe réunissant des Français, des Américains et des Allemands. Plusieurs autres sont prévus pour les mois à venir. La formule a déjà glané ses premiers lauriers : elle a valu à l'université Areva d'obtenir le deuxième prix, en novembre, dans la catégorie « innovation », au concours Cubic (« corporate university best in class »).
Mais l'action de l'université Areva ne se limite pas à ces séminaires. Elle s'attache notamment à créer des réseaux à l'intention de certaines populations clefs. L'un de ces réseaux, destiné aux directeurs d'usine, vise à leur permettre de partager leur expérience sur des pratiques industrielles - climat social, conduite de projet, etc. Et à enrichir ainsi leur savoir-faire. L'initiative débouche sur la création d'une bibliothèque de bonnes pratiques sur l'intranet du groupe.
Un autre réseau vise à aider les jeunes ingénieurs à se projeter dans le futur de l'entreprise. D'autres sont en préparation, à destination des experts et des responsables de grands comptes. « Toute notre démarche consiste à réunir nos collaborateurs, à créer des réseaux, et à les mettre en mouvement, expose Bernard Monot. De la sorte, nous cherchons à donner du sens à notre action. »
Sujets stratégiques
L'université Areva a également conçu des sessions de formation consacrées à un certain nombre de sujets stratégiques. L'une d'elles, destinée aux « top managers », traite ainsi des valeurs et de l'éthique. Une autre, axée sur le développement durable, s'adresse aux « porte-parole » potentiels du groupe : responsables communication, campus managers, etc. « Régulièrement, nous sommes interpellés ou critiqués du fait que nous travaillons dans le nucléaire, note le directeur de l'université. Nous devons leur fournir des éléments pour répondre. » Une session traite également des finances et de la Bourse.
Enfin, l'université Areva s'implique dans la « bataille des talents ». Elle a conçu pour cela une série de cursus destinés à l'intégration des jeunes recrues, à la formation des managers confirmés (RH, leadership, finance...) et à la progression des « hauts potentiels ».
L'université ne possède pas de locaux en propre : elle utilise un réseau de manoirs et de châteaux, qu'elle loue. Quant aux intervenants, ce sont pour l'essentiel, des professeurs d'écoles de management (Insead, ESCP-EAP, etc.) ou des consultants. Mais Bernard Monot souhaiterait également développer une équipe de formateurs internes : « Nos collaborateurs présentent des richesses insoupçonnées. L'université peut les aider à les révéler. »
J.-C. L.
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